Quand consulter ?

Une évaluation en neuropsychologie est pertinente si on observe des difficultés dans une ou plusieurs sphères de la vie (p. ex. école, travail, vie quotidienne, relations sociales) pouvant être causées par des atteintes des fonctions cognitives telles que l’attention, la mémoire, le raisonnement, etc. et pour lesquelles on ne parvient plus à s’adapter. Les neuropsychologues, par leur formation et leurs compétences, demeurent les professionnels les mieux qualifiés pour mettre en relation les diverses fonctions cognitives et statuer sur la nature précise des troubles neuropsychologiques ou atteintes cognitives.
À quoi sert une évaluation en neuropsychologie?
Les objectifs de l’évaluation neuropsychologique sont multiples :
- Déterminer la cause des troubles cognitifs/comportementaux/affectifs et préciser le diagnostic
- Établir un profil cognitif détaillé des forces et des faiblesses de la personne évaluée
- Statuer sur la nature des processus qui mènent à ces forces et faiblesses
- Obtenir des opinions concernant l’impact des troubles cognitifs sur la capacité à :
- poursuivre un programme d’étude et la nécessité de recevoir des mesures d’adaptation scolaire
- occuper un emploi ou à retourner au travail
- habiter seul(e)
- prendre des décisions pour sa personne et à administrer ses finances (aptitude)
- consentir à un soin (p. ex. hébergement, aide médicale à mourir)
- Établir un plan d’intervention ou de réadaptation
- Formuler des recommandations et des stratégies pour aider la personne évaluée à mieux composer avec ses difficultés
💡 Écoutez une neuropsychologue vous présenter son travail et son rôle lors de l’évaluation neuropsychologique d’un trouble de déficit de l’attention.
Les neuropsychologues peuvent être sollicités pour des demandes d’évaluation, d’expertise ou de suivi d’intervention selon leur domaine de pratique et la clientèle auprès de laquelle ils se spécialisent. Voici diverses raisons pour lesquelles on sollicite les neuropsychologues :
Chez l’enfant
- Mieux comprendre la nature des difficultés d’apprentissage ou des difficultés de comportements
- Déterminer la présence d’un ou de plusieurs troubles neurodéveloppementaux (p. ex. TDAH, dyslexie, déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme, etc.)
Chez l’adulte
- Documenter les impacts d’un trouble neurologique acquis (p. ex. traumatisme cranio-cérébral, accident vasculaire cérébral, tumeur cérébrale)
- Préciser les répercussions cognitives d’un trouble de santé mentale (p. ex. schizophrénie, trouble bipolaire, dépression)
- Contribuer à établir des diagnostics des troubles neurodéveloppementaux qui n’ont pas été posés dans l’enfance (p. ex.: TDAH, déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme)
Chez la personne aînée
- Contribuer à établir la présence d’une maladie neurodégénérative (p. ex. maladie d’Alzheimer) ou d’autres conditions liées au vieillissement (trouble neurocognitif)
- Fournir des recommandations pour favoriser une meilleure santé cognitive ou s’assurer de la sécurité à domicile
Certains neuropsychologues se spécialisent également dans les domaines suivants :
- L’expertise médico-légale, pour mieux éclairer les décisions des tribunaux ou celles des divers organismes d’indemnisation (p. ex. SAAQ, CNESST). Dans ce contexte, leur travail vise notamment à établir les séquelles cognitives d’une atteinte cérébrale et à se prononcer sur l’invalidité au travail.
- L’intervention de suivi, pour favoriser l’amélioration des capacités cognitives d’une personne en proposant des stratégies visant à restaurer ou à compenser les difficultés rencontrées. Ces neuropsychologues peuvent également offrir un soutien psychologique face aux réactions émotionnelles et de deuil qui accompagnent souvent les troubles cognitifs.
Une évaluation cognitive approfondie n’est pas toujours nécessaire pour établir un diagnostic. Lorsque les critères diagnostics sont rencontrés de façon évidente, des examens cliniques et des tests de dépistage réalisés par d’autres professionnels peuvent être suffisants. L’implication des neuropsychologues est particulièrement utile :
→ dans les cas où il y a plusieurs facteurs susceptibles de nuire au fonctionnement cognitif,
→ quand les diagnostics sont ambigus,
→ ou quand les symptômes ou l’évolution sont atypiques.
Un médecin pourra vous conseiller quant à la pertinence d’une évaluation neuropsychologique.
La procédure
Dans les hôpitaux, les CLSC et les centres de réadaptation, les personnes sont généralement référées pour une évaluation neuropsychologique par un médecin, ou parfois, par d’autres professionnels de la santé (p. ex. orthophonistes, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, infirmières) qui auront souvent administré des tests de dépistage. L’accès peut être limité à des programmes ou des clientèles spécifiques qui varient d’un établissement à l’autre.
Au privé, il n’est par contre pas nécessaire d’avoir une référence d’un médecin pour pouvoir consulter. Pour trouver un neuropsychologue près de chez vous, vous pouvez consulter notre bottin ou le site de l’Ordre des psychologues.
Pour repérer plus facilement les neuropsychologues sur le site de l’ordre, entrez d’abord le motif puis la clientèle, et ensuite, filtrez les résultats en sélectionnant les cases « psychologue seulement » et « Diagnostic des troubles neuropsychologiques » dans le sous-menu « Afficher les options ».
Comment me préparer à l’évaluation
Il peut être utile de préparer certaines informations pour faciliter l’évaluation. Voici des exemples de ce que vous pouvez prendre en note et communiquer à votre neuropsychologue pour lui donner un bon aperçu de l’historique de la problématique :
Pour des difficultés à l’école
- L’historique des difficultés rencontrées dans les apprentissages
- Les commentaires des professeurs
Pour des difficultés au travail
- Les difficultés rencontrées ou les erreurs commises
Pour des difficultés générales dans la vie quotidienne
- Les difficultés pour comprendre (p. ex. difficultés à comprendre des consignes ou des phrases complexes) ou pour s’exprimer (p. ex. hésitations, mots transformés)
- Les oublis d’informations récentes (p. ex. conversations, événements, rendez-vous)
- Les difficultés à réaliser les tâches habituelles ou les activités abandonnées
- Les observations et commentaires de l’entourage
Il est également utile de fournir au neuropsychologue les rapports d’évaluations ou examens ayant déjà eu lieu en lien avec la problématique.