Quand consulter ?

Dans les hôpitaux, les CLSC et les centres de réadaptation, les personnes sont généralement référées pour une évaluation neuropsychologique par un médecin ou parfois par d’autres professionnels de la santé (orthophonistes, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, infirmières) qui auront auront souvent administrés des tests de dépistage.

Le neuropsychologue, par sa formation et ses compétences, demeure le professionnel le mieux qualifié pour mettre en relation les diverses fonctions cognitives et ainsi pouvoir statuer sur la nature précise des troubles neuropsychologiques (ou atteintes cognitives).

Si vous êtes atteints d’un trouble développemental (p. ex: TDAH, dyslexie, dysorthographie), d’un trouble neurologique acquis (p. ex.: traumatisme cranio-cérébral, accident vasculaire cérébral, tumeur cérébrale), d’une maladie psychiatrique (p. ex: schizophrénie, trouble bipolaire, dépression) ou que l’on suspecte la possibilité d’une maladie neurodégénérative (p. ex.: maladie d’Alzheimer), un médecin pourra vous conseiller quant à la pertinence d’une évaluation neuropsychologique. Celle-ci pourrait être indiquée afin de préciser un diagnostic, de connaître précisément l’impact d’une condition médicale ou psychiatrique sur le fonctionnement cognitif ou d’obtenir des recommandations en lien avec les difficultés cognitives. L’implication du neuropsychologue est particulièrement utile dans les cas où il y a plusieurs facteurs susceptibles de nuire au fonctionnement du cerveau, quand les diagnostics sont ambigus ou quand les symptômes ou l’évolution sont atypiques.

Les médecins n’ont pas toujours besoin d’une évaluation cognitive approfondie pour établir un diagnostic. Lorsque les critères diagnostics sont rencontrés de façon évidente, les examens cliniques et des tests de dépistage réalisés par d’autres professionnels peuvent être suffisants.

Les tests de dépistage

Les autres professionnels de la santé qui dépistent les difficultés cognitives recourent à des outils de dépistage qui s’avèrent généralement plus brefs (moins de 30 minutes). Ce type d’examen vise à confirmer les plaintes en validant plus objectivement la présence de difficultés sur le plan cognitif et permet d’avoir un aperçu rapide de l’ampleur de ces dernières. Lorsque des difficultés semblent bel et bien présentes, l’évaluation neuropsychologique devient parfois pertinente afin de déterminer avec plus de précisions la nature des troubles observés. Les tests de dépistage ne sont d’ailleurs pas conçus pour conclure de façon fiable à cet égard.

L’utilisation sélective des tests

La complexité dans l’utilisation des tests psychométrique ne réside pas dans l’administration, mais bien dans l’interprétation des résultats. Ainsi, s’il est vrai qu’il est relativement simple d’apprendre à administrer correctement un test, la capacité à formuler une compréhension intégrée des informations obtenues ne s’improvise pas et nécessite une formation rigoureuse. La compétence dans l’interprétation est d’ailleurs parmi les habiletés cliniques les plus longues à acquérir par les neuropsychologues en formation au cours de leurs stages et internats.

Malgré ce que le nom peut laisser présager, il est faux de croire qu’un test ne mesure qu’une seule fonction cognitive. Par exemple, les résultats à un test de mémoire peuvent être influencés par plusieurs autres facteurs (p. ex.: motivation, anxiété) et par la contribution d’autres fonctions cognitives. Par conséquent, quelqu’un qui n’évaluerait la mémoire qu’à partir d’un seul test pourrait conclure de façon erronée à une atteinte de celle-ci alors qu’il n’a pas pris le soin d’exclure une possible atteinte d’une autre fonction cognitive qui expliquerait mieux les résultats obtenus. L’évaluation en neuropsychologie permet de mettre en relation les résultats des divers tests psychométriques entre eux. Ce n’est qu’en évaluant l’ensemble des fonctions cognitives que le neuropsychologue arrive à cerner la nature exacte des troubles cognitifs.

Pour obtenir de l’information complémentaire, vous pouvez consulter notre page sur les fonctions cognitives.

Les tests sur internet

Les conclusions des tests informatisés disponibles sur internet doivent être considérés avec beaucoup de prudence. En effet, les résultats générés sont souvent des interprétations expéditives qui ne sont pas nuancées en fonction du contexte. D’ailleurs, aucun test aussi élaboré soit-il, ne peut constituer en soi une opinion diagnostique. De plus, le fait de se prêter à ce genre d’activité peut nuire à la validité des mesures qui seront employées ultérieurement par le neuropsychologue. Si vous avez des inquiétudes par rapport à votre mémoire ou d’autres capacités cognitives, il est toujours préférable de s’adresser directement à un médecin ou à un autre professionnel de la santé pour obtenir des informations et des recommandations pour des ressources fiables.

À prévoir avant de rencontrer un médecin ou un professionnel

Plutôt que de tenter d’évaluer vous-même votre proche ou encore de vous auto-évaluer sur internet, il vaut mieux prendre plutôt ce temps pour prendre en note les difficultés remarquées au quotidien afin de communiquer plus efficacement vos observations aux professionnels que vous allez consulter.

 Par exemple, prenez l’habitude de noter au fur et à mesure:

  • les oublis d’informations récentes (p. ex.: conversations, événements, rendez-vous)
  • les difficultés à s’exprimer (p. ex.: hésitations, mots transformés, phrases incohérentes)
  • tout changement de comportement ou réactions inhabituelles (p. ex.: anxiété, agressivité, passivité, geste ou parole inappropriés)
  • les difficultés à réaliser les tâches habituelles ou les activités abandonnées
  • les observations et commentaires de l’entourage
  • les changements dans les habitudes de vie (p. ex.: sommeil, consommation d’alcool)
  • les erreurs dans la gestion financière ou dans la prise de la médication