Cette fiche Info-trouble a été conçue dans le but de vous éclairer sur le trouble développemental de la coordination (TDC), ses manifestations et ses conséquences neuropsychologiques. Vous y trouverez également des explications sur le rôle du neuropsychologue dans l’évaluation et le diagnostic de ce trouble, ainsi que des ressources utiles. Pour naviguer plus facilement d’une section à l’autre, référez-vous au sommaire ci-dessous.

Illustration d’une vignette clinique 

Melvin, 8 ans, est en 3e année. Il présente de grandes difficultés en lecture, écriture et mathématiques depuis le début du primaire. Avant cela, en maternelle, il manquait d’autonomie : il avait besoin d’aide pour s’habiller, mettre ses souliers et ouvrir sa boîte à lunch. L’orthopédagogue de l’école et l’enseignante sont préoccupées par le fait qu’il n’arrive pas à mémoriser le sens de l’écriture (parfois il écrit de droite à gauche, parfois de gauche à droite), qu’il écrive ses lettres en miroir et que son écriture soit illisible. En mathématiques, ses traces sont tellement désorganisées qu’il commet des erreurs de calcul. Son enseignante est souvent incapable de déchiffrer son raisonnement. L’élève déteste les cours d’arts plastiques et, en éducation physique, il s’oppose aux activités en dérangeant le groupe. L’enseignante signale qu’en classe, Melvin est avachi sur la chaise et qu’il semble constamment fatigué, même si les parents disent qu’il se couche à 20h. Son espace de travail est désorganisé : il ne retrouve jamais le bon cahier quand on le lui demande. L’orthopédagogue a mis en place un système de couleur pour organiser son pupitre, ce qui l’aide beaucoup. Le personnel scolaire se questionne sur un trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité-impulsivité (TDAH) ou un trouble spécifique des apprentissages, comme une dyslexie-dysorthographie. 

Melvin est référé en neuropsychologie pour une évaluation. Lors de la rencontre avec les parents, ceux-ci mentionnent que leur fils a « deux mains gauches », qu’il échappe tout et se cogne souvent. Son père, entraîneur de karaté, dit que son garçon a beaucoup de mal à reproduire les mouvements et à les mémoriser, même s’il pratique ce sport depuis son jeune âge. Bien que Melvin n’ait pas présenté de grands retards moteurs dans la petite enfance, ses parents l’ont toujours trouvé un peu plus lent que sa fratrie. Ils associent cette lenteur d’acquisition au fait qu’ils l’ont beaucoup protégé, car cela fait partie de leur culture.

Ils ont souvent fait les choses à sa place, en l’habillant pour que la routine du matin soit plus rapide ou en coupant sa nourriture. Ils le décrivent comme un enfant prudent et peu aventureux, qui préférait jouer dans le sable plutôt que de grimper dans les modules au parc. Le père parle même d’une certaine « paresse » chez Melvin. En effet, quand ses parents lui font recopier ses textes en l’incitant à s’appliquer, son écriture est plus lisible. Il serait donc capable, selon eux, d’avoir une belle calligraphie, en travaillant plus lentement. Melvin a une faible estime de lui. Malgré ses efforts, il dit qu’il est nul et incapable de réussir. Sur le plan social, il a du mal à s’intégrer dans les jeux sportifs et se sent isolé. Pourtant, c’est un enfant qui s’exprime bien et a de belles forces sociales.

L’évaluation neuropsychologique a mis en évidence des indices compatibles avec un trouble développemental de la coordination (TDC) chez Melvin, via les questionnaires, les observations et les tâches de motricité fine. La neuropsychologue a donc posé cette hypothèse. Afin d’avoir un portrait plus global des compétences motrices de Melvin, la neuropsychologue l’a référé en ergothérapie. Au terme de ce processus, l’ergothérapeute a confirmé la présence d’atteintes de la coordination en motricité globale et en motricité fine. La neuropsychologue a donc posé le diagnostic de trouble développemental de la coordination. Bien que les parents et intervenants aient été initialement surpris, ils ont rapidement compris que les difficultés de coordination motrice de Melvin le plaçaient en surcharge dans les activités de sa vie quotidienne à la maison et à l’école. Ils ont ajusté leurs attentes à son égard. Différentes adaptations ont été mises en place à l’école pour permettre à Melvin de se concentrer sur les apprentissages et la compréhension, plutôt que sur la composante motrice des activités.

Les manifestations

L’histoire de Melvin illustre que les manifestations du TDC peuvent souvent être confondues avec de la « paresse » ou avec les signes d’autres troubles mieux connus, comme le TDAH.

En bas âge, on observe souvent un retard dans certaines étapes motrices (p. ex. déplacement à quatre pattes, marche). Les enfants avec un TDC sont parfois décrits comme des bébés un peu passifs, qui restent où on les installe, explorent moins leur environnement physique et s’adonnent moins aux jeux moteurs comme grimper et sauter. On peut les décrire comme craintifs ou prudents face aux activités qui demandent de l’équilibre ou de la coordination. Parfois, ces enfants développent plus rapidement le langage (s’ils ne présentent pas d’autres troubles neurodéveloppementaux associés).

À l’âge préscolaire et scolaire, ils automatisent plus lentement des habiletés comme le vélo, les jeux de ballons, l’habillage (p. ex. boutonner une chemise, attacher sa fermeture éclair), l’alimentation autonome (p. ex. couper sa viande avec un couteau), se moucher, lacer ses souliers ou utiliser un cadenas à code. Ils y arrivent, mais avec plus de pratique, et plus lentement que les camarades de classe. Parfois, ils évitent les tâches de bricolage, de dessin, de casse-têtes, et les jeux de construction, mais certains les apprécient.

Il arrive que ces enfants présentent des difficultés de latéralisation: on ne sait pas s’ils sont droitiers ou gauchers, et ils changent de main au cours d’une même activité. On les décrit souvent comme des enfants maladroits ou distraits. 

Lors de l’apprentissage de l’écriture, le tracé est souvent lent et peu précis. Les lettres sont parfois grandes ou inversées en miroir. Le sens du tracé des lettres est souvent inconstant (p. ex. trace un « o » en tournant vers la droite, puis la gauche). L’élément le plus marquant est généralement l’inconstance des productions : parfois l’enfant réussit bien son tracé, et parfois pas du tout, ce qui peut amener l’entourage à penser qu’il s’agit d’un manque d’effort. Ces enfants sont rapidement fatigués face aux tâches motrices. Ils présentent parfois une hypotonie, et ont donc du mal à maintenir une posture assise adéquate (la fameuse « position d’écoute » que souhaitent certains enseignants). La lecture peut être lente en raison de difficultés à bien coordonner les mouvements des yeux sur la page de texte. Ces enfants peuvent avoir des difficultés en mathématiques (p. ex. comment poser une addition à l’écrit, dans quel sens faire la retenue, aligner les unités dans la même colonne lors d’additions/soustractions), pour s’orienter et pour s’organiser dans l’espace. La manipulation des instruments de géométrie ou des instruments de musique peut aussi constituer un défi. Évidemment, ces manifestations sont des exemples, et toutes ne se rencontrent pas chez chaque enfant qui présente un TDC.

Définition

Le TDC est maintenant catégorisé comme étant un trouble neurodéveloppemental, tout comme le trouble du spectre de l’autisme (TSA), les troubles spécifiques des apprentissages (p. ex. dyslexie), le TDAH et plusieurs autres. Ceci signifie que le TDC est considéré comme un trouble que l’on diagnostique habituellement dans l’enfance, qui est souvent d’origine génétique et/ou héritable et qui est associé à des dysfonctionnements neuropsychologiques/cognitifs. Bien que la neuroimagerie ne puisse pas être utilisée pour le diagnostic du TDC (ni pour les autres troubles neurodéveloppementaux d’ailleurs), les études dans ce domaine montrent tout de même certaines différences entre des groupes d’enfants avec et sans TDC. Les enfants ayant un TDC montrent plus souvent une sous-activation de certaines aires préfrontales, pariétales et cérébelleuses comparés à leurs pairs neurotypiques. Certains facteurs de risque environnementaux ont aussi été identifiés, tels qu’une naissance prématurée et un faible poids à la naissance.

Dans le DSM-5-TR, le diagnostic de TDC repose sur deux critères principaux : a) une coordination motrice déficitaire et b) un impact des difficultés motrices sur le fonctionnement de la vie quotidienne. Il faut toutefois exclure des affections médicales qui pourraient expliquer les difficultés de coordination motrice (p. ex. atteinte visuelle ou motrice de nature physique). À noter que selon les lignes directrices internationales, le TDC peut toucher à la fois la motricité globale et la motricité fine, ou majoritairement une seule sphère motrice (la motricité globale ou la motricité fine). Pour cette raison, il arrive parfois que le diagnostic se fasse plus tard dans la vie. Il faut également prendre en compte que la recherche scientifique sur le TDC est beaucoup moins avancée que celle sur d’autres troubles neurodéveloppementaux, comme le TDAH ou le TSA. Les connaissances évoluent ainsi rapidement et certains points rapportés dans ce document sont sujet à changement avec les avancées dans le domaine. 

Taux de prévalence du TDC

Il y aurait environ 5 à 6% des personnes qui présentent un TDC dans la population. Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes. Ainsi, la prévalence du TDC est aussi élevée que celle du TDAH, bien que le TDC soit beaucoup moins connu du public et même des professionnels. À noter que le diagnostic de TDC peut habituellement être posé vers l’âge de 5 ou 6 ans, sauf dans des cas très sévères où il peut être posé plus jeune.

Qu’en est-il du trouble d’acquisition de la coordination, de la dyspraxie motrice, et du syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV)?

  • Trouble d’acquisition de la coordination (TAC) : Le trouble d’acquisition de la coordination était le nom du TDC dans l’édition précédente du DSM (DSM-IV; APA, 2014). Ce terme n’est donc plus utilisé au Québec actuellement.
  • Syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV): Le SDNV (Nonverbal learning disorder récemment renommé Developmental Visual-Spatial Disorder ou « Trouble développemental visuospatial »), n’est pas un diagnostic reconnu dans le DSM-5-TR. Le SDNV se caractériserait par des difficultés à traiter et comprendre les informations visuelles et spatiales, ce qui peut se répercuter sur la coordination motrice et sur les habiletés sociales. En somme, même si les manifestations comportementales peuvent se ressembler, ce sont les difficultés de coordination motrice qui sont au cœur du TDC (y compris la coordination œil-main), alors que dans le SDNV, ce sont les difficultés de traitement des informations visuospatiales. Il y aurait toutefois une importante cooccurrence de ces deux types de difficultés (motrices et visuospatiales). 
  • Dyspraxie motrice et dyspraxie visuospatiale : en Amérique du Nord, nous utilisons généralement les terminologies du DSM. Par contre, en Europe francophone (France, Belgique, Suisse), les professionnels parlent encore de « troubles dys ». Dans cette vision, la dyspraxie motrice correspond au TDC, alors que la dyspraxie visuospatiale s’apparente au SDNV.

Qui peut poser le diagnostic et comment?

Le diagnostic de TDC peut être posé par les médecins, par les psychologues et par les neuropsychologues, à condition que ces professionnels aient été formés à cet effet. À ce jour, les ergothérapeutes ne peuvent pas conclure au Québec, mais leur expertise est souvent déterminante pour clarifier le profil des capacités motrices et les impacts fonctionnels dans la vie de tous les jours. Le diagnostic de TDC s’établit, entre autres, en précisant le niveau des habiletés motrices (à l’aide d’une batterie de tests de motricité, telle que la M-ABC-3) et son niveau d’atteinte fonctionnelle dans les activités de la vie de tous les jours (apprentissage, communication, tâches domestiques, soins personnels, aptitudes sociales, etc.).

Le fonctionnement quotidien est habituellement documenté à l’aide de questionnaires standardisés (dépistage), puis d’entrevues plus approfondies auprès du parent (ou autre figure de soin) et du personnel enseignant. Il est aussi essentiel que l’enfant bénéficie d’un suivi médical afin d’investiguer et/ou traiter toutes causes médicales pouvant entraîner des difficultés motrices. L’enfant devrait impérativement avoir bénéficié d’une évaluation en optométrie avant de consulter en neuropsychologie afin d’écarter des difficultés visuelles ou en comprendre l’impact sur les symptômes observés.

Le rôle des neuropsychologues

Les neuropsychologues sont des cliniciennes et cliniciens de choix à impliquer dans la démarche diagnostique, particulièrement lorsqu’un ou plusieurs autres troubles neurodéveloppementaux sont aussi suspectés. Le/la neuropsychologue investiguera les différentes capacités cognitives afin d’établir s’il y a ou non présence d’un TDC ou si d’autres troubles neurodéveloppementaux peuvent expliquer les atteintes fonctionnelles de l’enfant (p. ex. un TDAH, un trouble d’apprentissage, un trouble du développement intellectuel, un trouble du spectre de l’autisme). Les neuropsychologues sont parfois parmi les premiers professionnels impliqués; ils et elles peuvent alors faire les références nécessaires pour des examens complémentaires (p. ex. médicaux, ergothérapie). 

Dans d’autres cas, les autres professionnels impliqués vont référer en neuropsychologie pour clarifier le profil de l’enfant et poser le diagnostic final de TDC. 

Le/la neuropsychologue, en complémentarité avec les autres professionnels impliqués, guide les parents dans leur compréhension des forces et faiblesses de leur enfant, afin que des mesures soient mises en place pour soutenir ses apprentissages scolaires et ses activités quotidiennes. Ils et elles fournissent des pistes d’intervention à appliquer à la maison ainsi qu’à l’école, en considérant le profil cognitif global de l’enfant et les autres troubles neurodéveloppementaux présents, le cas échéant (p. ex. TDAH, dyslexie). Lorsqu’un suivi de rééducation est proposé, c’est habituellement l’ergothérapeute qui mène ce volet. 

Profil neuropsychologique

Le profil neuropsychologique associé au TDC est aussi varié que les personnalités des enfants qui présentent ce trouble. Cependant, en l’absence d’autres troubles en cooccurrence, il est fréquent d’observer des forces dans les activités faisant appel au langage et à la sphère auditive (p. ex. l’attention auditive, la mémoire verbale). Des faiblesses seront généralement documentées dans les activités faisant appel à la vitesse d’exécution motrice, aux capacités motrices, aux habiletés constructives (p. ex. construction de blocs, casse-tête), et parfois à l’orientation dans l’espace et à l’attention visuelle. Sur le plan des apprentissages, tel que précédemment mentionné, on pourra observer des difficultés en calligraphie et parfois en orthographe (mémorisation de l’orthographe des mots, souvent liée à la surcharge), ainsi qu’en lecture, parfois plus lente. En mathématiques, il peut arriver que ces élèves aient des difficultés à dénombrer (car le geste de pointer et le dénombrement verbal ne sont pas bien coordonnés) et à automatiser les stratégies de calcul.

Diagnostic différentiel et troubles associés

Notons aussi que le TDC se présente rarement seul chez un enfant. Plusieurs enfants avec un TDC présentent un ou des troubles en cooccurrence, ce qui va influencer leur profil neuropsychologique.

Un élève avec un TDC qui réalise les tâches plus lentement que les autres, qui est désorganisé et facilement distrait pourrait également présenter un TDAH en cooccurrence. Un enfant avec un TDC qui lit lentement pourrait également présenter un trouble spécifique d’apprentissage en lecture (dyslexie-dysorthographie) en cooccurrence. Un élève avec un TDC qui peine à automatiser les algorithmes mathématiques pourrait également présenter un trouble spécifique des apprentissages en mathématiques (dyscalculie). Ainsi, après avoir conclu à un TDC chez un enfant, le/la neuropsychologue pourra examiner la présence possible d’autres déficits ou troubles associés.

Selon la littérature scientifique, jusqu’à 50% des enfants avec un TDC présentent aussi un TDAH. L’expertise du neuropsychologue sera donc essentielle pour différencier les manifestations réelles du TDAH de la surcharge attentionnelle normalement associée au TDC.

Le neuropsychologue devra d’ailleurs faire appel à son jugement clinique afin de déterminer si le score à un test est déficitaire en raison du TDC ou en raison d’un autre trouble neurodéveloppemental. Par exemple, un enfant avec un TDC pourrait obtenir un score très faible à un test d’attention visuelle en raison d’une difficulté à organiser sa recherche visuelle et à s’orienter dans la page, et non parce qu’il est distrait (comme dans le cas d’un enfant ayant un TDAH). De même, dans la vie de tous les jours, les enfants avec un TDC sont souvent en surcharge attentionnelle, car les activités motrices leur demandent beaucoup d’énergie, engendrant une fatigue attentionnelle qui peut imiter les symptômes du TDAH. C’est là que l’expertise du neuropsychologue est essentielle pour le diagnostic différentiel.

En effet, les enfants avec un TDC se retrouvent régulièrement en situation de double tâche (faire deux choses à la fois) dès que la planification et la coordination motrice entrent en jeu. Les activités motrices qui deviennent rapidement automatisées pour la plupart des enfants (p. ex. attacher son manteau, attraper une balle, faire de la bicyclette) continuent d’exiger de l’attention et du contrôle pour les jeunes avec un TDC, même après de la pratique et de l’entraînement. Pour cette raison, une fatigue attentionnelle se fait rapidement sentir chez eux et devra être discriminée d’un réel TDAH.

Plusieurs enfants avec un TDC présentent aussi un trouble développemental du langage ou un trouble du développement des sons de la parole (autrefois nommée « dyspraxie verbale »). Cela signifie que les orthophonistes peuvent aussi être impliqués auprès de ces enfants, et que tous ne présentent pas la force en langage mentionnée précédemment. 

De même, jusqu’à 10% des enfants avec un TDC présenteraient aussi un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Par ailleurs, les difficultés de coordination motrice sont extrêmement fréquentes chez les enfants autistes. 

Enfin, les troubles spécifiques des apprentissages touchant la lecture, l’écriture et les mathématiques (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie) sont également fréquents dans la population des personnes avec un TDC.

Services publics offerts aux personnes vivant avec un TDC

Programme Agir-tôt

Lorsque les manifestations de retard moteur ou de retard de développement sont documentées entre 0 et 5 ans, ces enfants peuvent être référés au Programme Agir-Tôt de leur CLSC. Un dépistage sera réalisé auprès de la famille, avec des questionnaires et parfois des observations directes de l’enfant, ce qui permettra ensuite une référence à des services plus spécialisés, lesquels varient selon la région.

Centre de réadaptation en déficience physique

Au besoin, l’enfant et ses parents pourraient être référés par le CLSC vers un centre de réadaptation en déficience physique (CRDP), afin d’y recevoir des services spécialisés. Présents dans chacune des régions du Québec, les CRDP ont pour mission d’aider les personnes présentant diverses conditions (p. ex. trouble développemental du langage, trouble développemental de la coordination, handicap physique). Selon les services disponibles dans leur région, ces enfants pourraient bénéficier de soutien en ergothérapie et/ou en éducation spécialisée.

La scolarisation des enfants et des adolescents avec un TDC

Le plan d’action du gouvernement québécois en matière d’adaptation scolaire vise à aider les élèves présentant un handicap ou qui sont en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). L’école, qui a pour mandat d’instruire, de socialiser et de qualifier, doit donc s’adapter à tous les élèves, incluant ceux qui ont un TDC. La plupart des élèves du primaire et du secondaire avec un TDC sont intégrés en classe régulière avec des mesures d’appui, qui peuvent être encadrées par un plan d’intervention. Ces mesures varient selon les besoins de l’élève et selon la présence ou non de troubles associés. Elles pourraient inclure les éléments ci-dessous. Attention, il ne s’agit pas de mesures obligatoires! Le milieu scolaire est responsable de faire l’analyse des besoins spécifiques de l’élève et d’offrir des adaptations appropriées à son profil. Il est surtout essentiel que les intervenants scolaires comprennent les impacts du TDC sur les apprentissages, afin de mettre en place les bons outils. Exemples de mesures d’appui:

  • Offrir plus de temps pour réaliser certaines tâches.
  • Mettre en place des adaptations pour réduire la charge motrice (p. ex. permettre occasionnellement de répondre oralement plutôt que par écrit; qu’un autre élève partage ses notes, afin que l’élève ayant un TDC puisse se concentrer sur la compréhension; intégrer un outil technologique tel qu’un ordinateur portable pour l’écriture, etc.).
  • Adapter le matériel (p. ex. plus d’espace dans la page, papier quadrillé pour faciliter l’organisation dans la page, etc.).
  • Garder en tête que le TDC est présent dans toutes les sphères de la vie et dans toutes les matières. Par exemple, des adaptations pourraient être mises en place en éducation physique ou en arts plastiques.
  • Selon les recommandations de l’ergothérapeute, un mobilier adapté ou des outils adaptés pourraient être pertinents (p. ex. embout de crayon, règle de lecture pour suivre les lignes, chaise adaptée facilitant la posture, plan incliné pour l’écriture, etc.).

Les parents peuvent aussi faire certains choix afin de pallier les difficultés de coordination motrice, par exemple : 

  • En achetant des contenants de lunch faciles à ouvrir; 
  • En choisissant des souliers sans lacets;
  • En prenant des vêtements faciles à enfiler (sans boutons/fermeture-éclair);
  • En optant pour de la colle de couleur au primaire pour faciliter le repérage et des ciseaux faciles à tenir; 
  • En choisissant un cadenas à clé plutôt qu’à code au secondaire (si le milieu scolaire l’autorise).  

Lorsque les enfants avec un TDC présentent de grandes difficultés d’apprentissage ou des troubles associés, il se peut que l’étude des besoins arrive à la conclusion que la classe ordinaire ne répond pas aux besoins de l’élève et à ses capacités. Dans ce cas, l’élève pourrait être orienté vers une classe d’adaptation scolaire ou une école spécialisée. Ces services varient grandement selon la région et le centre de services scolaire (ou commission scolaire anglophone). Au secondaire, si ces élèves ont accusé beaucoup de retard, ils pourraient être orientés vers un parcours préparatoire à l’emploi vers 15 ans. Dans ce cas, il sera essentiel de bien analyser les forces et faiblesses du jeune, car beaucoup des stages et emplois proposés font appel à des compétences manuelles qui constituent des défis pour les personnes avec un TDC. 

Il est important de retenir, malgré tout, que beaucoup d’élèves avec un TDC pourront compléter le parcours secondaire régulier avec des adaptations. Par la suite, ces étudiants vont généralement choisir un parcours post secondaire correspondant à leurs forces personnelles.

Ressources supplémentaires

 

Livre pour parent

Mon cerveau ne m’écoute pas : Comprendre et aider l’enfant dyspraxique de S. Breton et F. Léger (2007). Collection du CHU Sainte-Justine pour les parents.

 

Livres pour enfants (à lire avec un adulte)

Laisse-moi t’expliquer… la dyspraxie de J. Philippon (2016). Éditions Midi Trente.

La dyspraxie (trouble développemental de la coordination) expliquée aux enfants de G. Bouchard, K. Bouchard et J. Morin (2022). Éditions de la Mortagne.

 

Livres et albums s’adressant aux enfants

Le défi de Loïk : la dyspraxie de B. Marleau (2017). Boomerang Éditeur Jeunesse.

Max est maladroit de S. Bloch et D. Saint-Mars (2008). Éditions Calligram.

Les maladresses d’Agnès de E. Jasmin et L. C. Bergeron (2015). Éditions Dominique et compagnie.

Le défi de Lola : comment parler de la dyspraxie aux enfants de S. Surgey et F. Vayssière. Éditions Tom Pousse.

Une rentrée dys sur dix et Des vacances dys sur dix de Y. Hassan (2023 et 2024). Collection AdoDys, Éditions Tom Pousse.

 

Organismes

L’institut des troubles d’apprentissage est une association québécoise rassemblant toutes les personnes, organismes et institutions qui œuvrent pour la cause des troubles d’apprentissage. Elle a à cœur d’être présente aux besoins des parents. Elle favorise la collaboration avec tous les intervenants du milieu de l’éducation, de la santé et du travail, ainsi que les ministères de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MÉLS) et celui de la Santé et Services sociaux du Québec (MSSS).

OSBL offrant des services aux personnes avec un TDC et à leur famille (autrefois nommé « TDC Québec », et avant « Association québécoise pour les enfants dyspraxiques »)