Étiquetté : , , ,

  • Évaluation TSA (TED) adulte

    Posted by Simon Lemay on 11 octobre 2013 à 15 h 21 min

    Personnellement, je ne me considère pas suffisamment formé pour l’évaluation des troubles du spectre de l’autisme. Or, mes référents en psychiatrie m’envoient de plus en plus de cas pour une opinion clinique à cet égard.

     

    Je reconnais que ce type d’évaluation demande une expertise particulière en enfance

    (http://www.ordrepsy.qc.ca/sn_uploads/2012_02_Lignes_directrice_Troubles_du_spectre_de_lautisme.pdf) et je me vois encore moins m’improviser à l’âge adulte alors que les déficits n’ont souvent pas été suffisamment clairs pour mener une consultation ou à un diagnostic dans l’enfance.

    Il m’est toutefois arrivé d’accepter certains mandats en recadrant la demande. J’avise alors que mon évaluation neuropsy se limitera à décrire les difficultés cognitives et à souligner les manifestations symptomatiques en lien avec le diagnostic envisagé afin d’étayer le dossier et de favoriser la prise en charge par une équipe spécialisée. J’ose espérer que mon éval ne nuit pas à leur travail, mais au moins elle sert dans l’immédiat à mieux comprendre le fonctionnement et à mieux orienter les interventions dans le contexte où l’accès aux évaluations spécialisées est problématique…

     

    Je sais que l’Hôpital Rivière des prairies offrent des services d’évaluation pour le TSA adulte, mais l’attente est longue et j’ai cru entendre que le service n’était possiblement plus offert pour les adultes.

     

    3 questions pour vous:

    1) Connaissez-vous d’autres endroits dans le réseau où l’on peut référer la clientèle adulte pour une opinion diagnostique sur le TSA?

    2) Qui parmi vous se spécialise auprès de cette clientèle (neuropsy en privé)?

    3) Sauriez-vous me recommander des formations ou cours universitaire (auditeur libre) qui portent sur l’évaluation des TSA adulte (préférablement avec une vision neuropsy, mais pas obligatoire)?

    Simon Lemay répondu Il y a 1 année, 7 mois 5 Membres · 12 Réponses
  • 12 Réponses
  • Anonyme

    Invité
    13 octobre 2013 à 18 h 14 min

    Salut Simon,

    à te lire, je me sens pas mal dans la même situation que toi. Dernièrement, j’ai reçu de plus en plus de demandes d’évaluation de TED provenant de psychiatres, et dans des cas où je devais partir pas mal de zéro. À prime abord j’ai accepté, question de dépanner, mais j’ai rappelé ma boss le lendemain pour lui dire que je n’étais pas à l’aise, parce que du moment que j’acceptais ces demandes, j’ouvrais la porte à toutes les demandes d’éval de TED, alors que je n’ai aucunement les compétences, la formation ou les outils pour le faire (surtout en première ligne!). Il m’est arrivé à quelques reprises de confirmer un d(x), ou d’émettre un d(x) provisoire (en attendant justement sur la liste d’attente de RDP) alors que le dossier était déjà assez étoffé, mais de là à faire tout seul ce qu’une équipe de 3-4 professionnels fait habituellement!…

    En discutant avec la spécialiste en activités cliniques du Guichet d’accès, je me suis rendu compte que l’augmentation de ces demandes provenait de l’arrêt de service de RDP en ce qui concerne l’évaluation des TED chez les adultes. J’ai téléphoné au programme pas plus tard qu’il y a deux semaines, et la secrétaire m’a répondu que le service d’évaluation pour les adultes était stoppé, et qu’ils ne maintenaient pas de liste d’attente non plus. Donc aucune admission possible pour les adultes. Elle a terminé en me disant que peut-être un jour le service serait à nouveau disponible.

    Donc pour répondre à ta question 1), aucune idée, je me sens aussi démuni que toi!

  • Julie Brosseau

    Membre
    23 janvier 2014 à 16 h 02 min

    Idem pour moi. De plus en plus de demandes pour suspicion de TED chez l’adulte. Je me questionne à savoir si l’évaluation neuropsychologique fait ressortir un profil particulier chez ces patients. Ce n’est pas du tout clair pour moi à l’heure actuelle. Une anamnèse est-elle suffisante ?

  • Anonyme

    Invité
    25 janvier 2014 à 14 h 40 min

    Alors le TSA, je connais assez bien…

     

    Concernant ta question no.1, Simon, je ne connais plus moi non plus de milieux du réseau dédié à l’évaluation du TSA chez les adultes, à l’heure actuelle, tant en Montérégie qu’à Montréal. Je sais toutefois- potin potin! – qu’il y a dans l’air une possibilité de collaboration future pour un projet pilote entre la psychiatrie du CSSS Pierre-Boucher et la clinique interdisciplinaire où je travaille (clinique des troubles complexes du développement), qui détient une bonne expertise en TSA chez les enfants. Je crois même que ça a été parlé à l’agence… mais je ne sais pas où c’en est.

     

    Pour ce qui est des références en privé, j’accepte ce type de clientèle (hyp. TSA adultes) pour émettre une opinion clinique sur la base de l’histoire, du profil neuropsy et de mes observations clinique. Je ne fais toutefois pas d’évaluation à l’ADOS, outil auquel je ne suis pas formée. Je ne connais pas de neuropsy privé qui fasse des évaluations TSA formelles (avec ADI + ADOS) chez les adultes… Ce serait plutôt certains psychologues. Je crois que je pourrais retrouver au moins un nom en Montérégie…

     

    Pour ce qui est du profil neuropsy dans le TSA, c’est un sujet un peu délicat. Je fais partie des “puristes” qui estiment que le profil de forces et faiblesses neuropsychologiques (bien documentées dans la littérature) devraient être considérées très contributives et qu’un profil peu compatible devrait amener vers d’autres hypothèses diagnostiques. Toutefois, le profil neuropsy n’est évidemment pas un critère diagnostique, alors certains milieux en tiennent peu ou pas compte.

     

    Souhaitez-vous que je vous revienne avec un post sur les forces et faiblesses neuropsy attendues dans un profil neuropsy TSA typique? Ça risque de me prendre un peu de temps, alors je ne le ferai pas si ce n’est pas un besoin réel…

  • Anonyme

    Invité
    28 janvier 2014 à 14 h 30 min

    Souhaitez-vous que je vous revienne avec un post sur les forces et faiblesses neuropsy attendues dans un profil neuropsy TSA typique? Ça risque de me prendre un peu de temps, alors je ne le ferai pas si ce n’est pas un besoin réel…

    Merci Corinne pour les précisions! Je veux juste mentionner au passage que pour les quelques cas TSA que j’ai évalués, je me suis servi du tableau résumé des forces et faiblesses cognitives pour les TSA à la p. 629 du livre Neuropsychologie clinique et neurologie du comportement, communément appelé “le Botez”. C’est un chapitre écrit par Laurent Mottron, donc j’aurais tendance à lui faire confiance pour le tableau. Sans faire un copié-collé pour des raisons évidentes, le tableau fait état des distinctions suivantes: QIG, QI-NV, QI-V, Perception, attention (sélective + alternance), MDT, MLT, fx exéc., motricité et langage. De mon côté j’avais trouvé ce tableau suffisant pour mes évals, surtout quand on ajoute à tout ceci les critères cliniques.

  • Félix-Antoine Lusignan

    Membre
    28 janvier 2014 à 16 h 04 min

    Je travaille en psychiatrie adulte et les demandes afin d’étayer les diagnostics de TSA sont effectivement de plus en plus fréquentes. Il est vrai que ce type d’évaluation requiert une expertise particulière que peu de gens qui œuvrent auprès des adultes détiennent étant donné qu’il s’agit d’un diagnostic habituellement posé à l’enfance. Conséquemment, je préconise la même approche que celle décrite par Simon Lemay, c’est-à-dire la prudence… Ce qui est le plus déconcertant, c’est le fait que les services de psychiatrie adulte de 2e et 3e ligne ne sont pas du tout outillés pour cette clientèle particulière et que, bien souvent, les psychiatres se réfèrent au neuropsychologue afin de préciser le diagnostic avec lequel ils ne sont pas familiers.

     

    À défaut d’utiliser formellement l’ADOS et l’ADI-R qui exigent une formation préalable, j’utilise les items de l’ADI-R afin de guider la collecte d’informations, de même que certains questionnaires développés par l’équipe de Simon Baron-Cohen (ex. : quotient du spectre de l’autisme et quotient d’empathie) qui sont disponibles gratuitement pour téléchargement (http://www.autismresearchcentre.com/arc_tests).

     

    Il est vrai que certains profils neuropsychologiques ont été décrits dans la littérature (ex. : voir info préalable soulignée par JP Chartrand), mais les TSA représentent un groupe clinique très hétérogène (ex. : variété et sévérité des symptômes) et le profil neuropsychologique peut être influencé par de nombreux diagnostics comorbides (ex. : TDA, etc.). De plus, dans la pratique, nos patients sont rarement des cas « textbook »… Personnellement, j’accorde une attention un peu plus modeste au profil neuropsychologique, sans toutefois l’écarter complètement. L’anamnèse, l’histoire développementale détaillée et les observations comportementales m’apparaissent plus importantes afin de préciser le diagnostic. Cela dit, le diagnostic demeure bien souvent un défi étant donné que la collecte d’information est parfois difficile en raison de réponses plus ou moins fiables du patient et de l’absence de membres de la famille afin de corroborer l’information. Le diagnostic différentiel peut également représenter un diagnostic de taille, surtout en regard des troubles du spectre de la schizophrénie (ex. : personnalité schizoïde, etc.), d’où l’importance d’une anamnèse bien étoffée.

     

    Au-delà de la démarche diagnostique, ce qui m’apparaît le plus important est la recherche de solutions concrètes pour ces patients, notamment pour ce qui est de l’intégration au marché du travail. Malheureusement, les ressources disponibles sont plutôt limitées chez l’adulte. Dans mon secteur, les patients sont souvent référés au CRDITED ou à un organisme d’insertion socioprofessionnelle (SEMO-SDEM), mais ces organismes ne sont pas toujours en mesure de répondre aux besoins spécifiques des patients. Aussi, ces derniers consultent bien souvent pour des problématiques concomitantes (ex. : trouble anxieux) qui nécessitent des soins psychologiques particuliers. Encore une fois, les services psychologiques dans le réseau public sont très limités. Bien souvent, en raison de la pénurie de psychologues dans le secteur public, nos patients sont référés au CLSC où ils sont pris en charge par des travailleuses sociales qui n’ont pas nécessairement l’expertise afin de venir en aide à ces personnes. Ces aspects soulignent le manque ou plutôt l’absence de continuité entre les services offerts aux enfants TSA et ceux qui devraient être offerts aux adultes.

  • Julie Brosseau

    Membre
    10 février 2014 à 15 h 11 min

    Bonjour Corinne,

     

    pour ma part, j’apprécierais beaucoup avoir davantage d’informations sur les forces et faiblesses attendues.

     

    Merci à l’avance.

  • Julie Brosseau

    Membre
    10 octobre 2014 à 15 h 29 min

    Bonjour,

     

    quelqu’un a-t-il en sa posssession le glossaire dont il est question dans l’article de Prevost et al. (2013) concernant le test des yeux ? J’ai l’article et le test, mais non le glossaire.

     

    Voici le titre de l’article : The reading the mind in the eyes test : validation of a french version and exploration of cultural variations in a multi-ethnic city (dans Cognitive Neuropsychology).

     

    Merci.

  • Amélie Beausoleil

    Membre
    14 octobre 2014 à 13 h 01 min
  • Véronique Labelle

    Membre
    14 avril 2015 à 13 h 59 min

    @/index.php?/profile/282-juliebrosseau/” data-ipshover-target=”https://aqnp.ca/forum/index.php?/profile/282-juliebrosseau/&do=hovercard” data-mentionid=”282″ rel=””>@julie.brosseau : J’ai communiqué avec Mme Prévost et elle m’a donné le glossaire en français qu’elle a traduit. Elle m’autorise à le partager avec vous, alors le voici!

     

    Note: Sur le site web de l’ARC il y a 2 traductions en français de ce test; une faite par Mme Simion (Europe?!) et l’autre par Mme Prévost de McGill.

     

    Si j’avais à l’utiliser, je préconiserais celle de McGill surtout si l’on prend les normes québécoises élaborées par la même auteure (2013).

    GlossaireRMET-Francais.pdf

  • Julie Brosseau

    Membre
    15 avril 2015 à 14 h 15 min

    Un grand merci.

  • Véronique Labelle

    Membre
    19 janvier 2022 à 16 h 22 min

    Il semble qu’il ne soit plus possible de télécharger le glossaire du RMET fait par Mme Prévost.

     

    Le re-voilà :)/applications/core/interface/file/attachment.php?id=422″ data-fileExt=’pdf’ data-fileid=’422’>GlossaireRMET-Francais.pdf

  • Simon Lemay

    Membre
    7 avril 2022 à 19 h 22 min

    Je vous recommande fortement la formation de Laurent Mottron sur Asadis. C’est très bien fait et pas très cher non plus (je ne reçois pas de ristourne pour la pub!)

    https://asadis.net/fr/formation/subtilite-nuances-evaluation-diagnostique-autisme/

    Il se montre critique par rapport aux outils de l’arc (AQ, EQ, etc) qu’il nomme “échelles dimensionnelles” pour leur manque de spécificité. Note à moi-même: faudrait que je m’y mette pour l’ADOS et l’ADI…