• Aptitude à gérer ses biens

    Posted by Claudine Boulet on 11 décembre 2013 à 17 h 02 min

    Ma patronne est ergothérapeute et je tiens à préciser que je m’entends très bien avec elle. Toutefois, afin d’harmonier nos pratiques avec la nouvelle loi (qui était le projet de loi 21 mais qui s’appellerait maintenant la loi 28?), elle a pris des informations auprès de l’Ordre des ergothérapeutes.

     

    Ce n’est pas la réponse que ma patronne voulait entendre mais elle aurait appris que les activités financières (manipuler de l’argent, faire un budget, etc.) sont des habiletés fonctionnelles. Et, l’évaluation des habiletés fonctionnelles est désormais réservée aux ergothérapeutes. Ainsi, étant donné qu’aucun test n’est réservé, l’utilisation de l’ÉMAF ne peut être restreint. Toutefois, seul un ergothérapeute aurait le droit de statuer sur l’habileté fonctionnelle qu’est la capacité à gérer ses biens.

     

    Étant donné que dans mon milieu, toutes les demandes d’évaluation de l’aptitude atterrissent sur mon bureau, que les ergothérapeutes ont une liste d’attente bien plus longue que la mienne, ça nous demanderait toute une réorganisation si je ne peux plus évaluer l’aptitude à gérer ses biens! Ce n’est donc pas ce qui est souhaité mais en même temps, ma patronne soulignait que nous devons être conforme avec la nouvelle loi. Elle me demandait donc de me renseigner sur cette question de mon côté…

     

    J’aimerais donc savoir ce que vous en pensez? Comment ça se passe dans vos milieux? Avez-vous eu des échos à ce sujet?

    Claudine Boulet répondu Il y a 9 années, 11 mois 6 Membres · 19 Réponses
  • 19 Réponses
  • Simon Lemay

    Membre
    12 décembre 2013 à 3 h 11 min

    Je ne crois pas que son interprétation de la loi est juste ici. Tu as tout à fait le droit de te prononcer sur l’aptitude à gérer les biens dans le cadre de ton champ d’exercice. Il t’est ainsi possible de faire du calcul et de questionner sur la connaissance de sa situation financière et son jugement en cette matière. Par contre, en utilisant l’EMAF il est vrai que tu t’aventures sur le terrain des ergos (manipuler de l’argent, faire un chèque etc.): d’où les réticences et cette perception des ergos… Se prononcer sur l’aptitude demeure une exercice interdisciplinaire : l’opinion finale est beaucoup plus riche si on établit un consensus à partir des visions de tous. Tu trouveras probablement de bons arguments dans l’excellente présentation de Valérie Bédirian à notre congrès. Je crois que tu pourrais aussi solliciter Valérie à venir faire une présentation chez vous…

  • Caroline Larocque

    Membre
    12 décembre 2013 à 14 h 08 min

    Je suis d’accord avec@/index.php?/profile/543-simon-lemay/” data-ipshover-target=”https://aqnp.ca/forum/index.php?/profile/543-simon-lemay/&do=hovercard” data-mentionid=”543″ rel=””>@Simon Lemay Pour moi, l’évaluation de l’aptitude n’a pas de lien avec la manipulation de l’argent. Je fais mon évaluation neuropsychologique et je questionne la personne sur la problématique en question, donc il faut avoir des renseignements précis qui ont amené à la demande. C’est le jugement, le raisonnement de la personne et sa capacité à mettre ses difficultés en perspective qui est importante. Nous privilégions également l’évaluation de l’aptitude en équipe interdisciplinaire. Ainsi, personne n’est demandée en solitaire dans une évaluation d’aptitude car nous jugeons que c’est une décision éthique qui mérite l’opinion de plusieurs.

  • Valérie Bédirian

    Membre
    12 décembre 2013 à 15 h 43 min

    C’est une question très pertinente et qui revient constamment, incluant dans mon milieu de travail. Dès mon retour de congé de maternité, je vais participer à des discussions à ce sujet qui touche à la fois l’utilisation de l’ÉMAF et l’évaluation de l’aptitude. Ce sont effectivement deux aspects distincts, mais interreliés. Je vais également appeler notre ordre professionnel, ainsi que le bureau du Curateur public. Mais en attendant, j’ai quelques pistes de réponses à suggérer.

     

    D’abord, comme l’a dit Caroline, il est important de distinguer l’évaluation des activités financières quotidiennes de l’évaluation de l’aptitude à administrer ses biens. Le premier concept renvoie à une évaluation des activités de tous les jours, comme faire un chèque, payer ses comptes, faire un budget, faire des achats… cette activité d’évaluation est celle dont parle ta patronne et elle peut se faire à l’aide de l’ÉMAF, mais également par d’autres moyens que connaissent les ergothérapeutes, c’est leur champ de pratique.

     

    L’aptitude à administrer ses biens est un concept clinique et juridique beaucoup plus large. Cette évaluation se fait en interdisciplinarité. Minimalement, il faut un travailleur social et un médecin. Il s’agit ici d’activités qui leur sont réservées. Donc, déjà ici, on constate qu’il ne s’agit clairement pas d’une évaluation réservée aux ergothérapeutes. Il y a deux facettes majeures à évaluer ou à apprécier : l’aptitude ou les capacités, et le besoin de protection. Laissons le besoin de protection aux TS. Pour ce qui est de l’aptitude, le médecin et le travailleur social doivent se prononcer dans leur rapport. Cette appréciation par le médecin passe généralement d’abord par un diagnostic montrant l’existence d’atteintes cognitives (démence, déficience, TCC, AVC, etc.) qui sont suffisamment sévères pour engendrer des incapacités. Pour le TS, le chemin est différent : il observe des comportements, l’environnement, fait des entrevues afin d’apprécier les incapacités dans le quotidien. Ensemble, ils peuvent conclure à une inaptitude.  Quand la situation n’est pas évidente, l’ergo ou le neuropsychologue peuvent être interpelés.

     

    Pour ce qui est de ce qu’on doit évaluer ou apprécier pour cerner l’aptitude d’une personne, la loi ne le précise pas, on reste délibérément vague laissant les intervenants et les chercheurs définir ces dimensions. L’ordre des TS suggère une liste non exhaustive de ce que cette aptitude comporte :

     

    • Effectuer des opérations mathématiques
    • Traiter son courrier
    • Payer ses comptes dans les délais requis
    • Planifier un budget
    • Renouveler des prêts ou des placements
    • Percevoir des allocations
    • Effectuer des dépenses raisonnables en fonction des capacités financières
    • Respecter ses engagements financiers
    • Soumettre ses déclarations fiscales dans le délai requis par la loi

     

    Dans les écrits scientifiques, on relève généralement deux grandes facettes :

    • La prise de décision et le jugement
    • Les activités financières quotidiennes

    Même s’il est vrai de dire que la prise de décision et le jugement sont centraux et à l’avant-plan de l’évaluation de l’aptitude, il est faux de dire que l’ÉMAF et les activités financières quotidiennes (AFQ) n’ont aucun lien avec l’évaluation de l’aptitude à administrer ses biens. Le neuropsychologue, tout comme le TS, peuvent donc, à mon avis, se servir de l’ÉMAF pour « apprécier » les activités financières quotidiennes dans le but d’évaluer l’aptitude plus globalement. Le neuropsychologue est le mieux placé pour répondre à la question de l’aptitude d’une personne, puisqu’il est le mieux placé pour évaluer la délicate question du jugement et de la prise de décision, qu’il peut apprécier les AFQ (à l’aide de l’ÉMAF ou autre) et finalement, tisser le lien avec les déficits cognitifs de la personne et le diagnostic médical. Notons que sans ce dernier aspect, dans certains cas, on ne peut être complètement certain que les problèmes fonctionnels observés au quotidien et le jugement douteux sont de source cognitive (trouble de personnalité, personnalité marginale ou autre peuvent expliquer les problèmes). Le travail de l’ergo peut venir compléter lorsqu’on a des raisons de croire qu’une appréciation des AFQ n’est pas suffisante, lorsqu’on veut savoir en profondeur comment fonctionne un individu. Dans certains cas Dr Vu ou moi, on a demandé l’avis d’un ergo et ça nous a été très utile. Je vais poursuivre ma réflexion et des discussions à ce sujet et vous reviendrai certainement…

  • Caroline Larocque

    Membre
    12 décembre 2013 à 16 h 01 min

    J’ai écrit un peu vite et je me suis peut-être mal exprimée. Ce que je voulais dire, quand on travaille en équipe interdisciplinaire, c’est que je peux me prononcer sur l’aptitude d’une personne avec les données que j’ai recueillies même si elles ne comprennent pas les activités financières quotidiennes. Cette information sera donnée par l’ergothérapeute et lors d’une réunion interdisplinaire, nous mettons nos connaissances en commun pour finalement prendre une décision d’équipe. D’ailleurs, dans mon rapport, je vais conclure sur l’aptitude, mais je spécifie à la fin qu’une décision d’équipe sera prise.

     

    “Il est à noter qu’une discussion de cas aura lieu suite aux évaluations, en équipe interdisciplinaire, et qu’une décision d’équipe sera prise par la suite quant à l’inaptitude (via la note médicale suivant les évaluations).”

  • Claudine Boulet

    Membre
    12 décembre 2013 à 16 h 05 min

    Merci beaucoup à vous trois (@/index.php?/profile/543-simon-lemay/” data-ipshover-target=”https://aqnp.ca/forum/index.php?/profile/543-simon-lemay/&do=hovercard” data-mentionid=”543″ rel=””>@Simon Lemay, @Caroline Larocque et @Valérie Bédirian) pour vos réponses. Dans mon CLSC, les requêtes relatives à l’aptitude me proviennent généralement des TS et il y a rarement un ergothérapeute au dossier. C’est donc souvent, une décision d’équipe T.S. – Neuropsy uniquement (le médecin est souvent le médecin de famille qui s’en remet aux recommandations du CLSC). J’ai donc tendance à utiliser l’ÉMAF justement pour mieux détailler ce que la personne peut ou ne peut pas faire et mieux préciser à quel point ses atteintes cognitives ont un impact concret sur la gestion de ses biens. Je me questionnais sur où est la limite entre le travail du neuropsy et celui de l’ergo. Cela dit, la réponse de Valérie me conforte sur le fait que je ne suis sûrement pas complètement dans le tort en utilisant l’ÉMAF. Je vais rediscuter de tout cela avec ma patronne et je vous reviens…

  • Simon Lemay

    Membre
    12 décembre 2013 à 20 h 31 min

    Je dérive un peu du sujet principal, mais je vous partage mes réflexions actuelles concernant l’ÉMAF. Je ne voulais pas laisser l’impression dans mon message précédent qu’il n’était pas justifié d’utiliser cet outil dans notre pratique. Comme tu le soulignais Claudine, aucun test n’est réservé et ceci s’applique à tous (et d’autant plus pour un test développé par une neuropsy!). Considérant la rigueur dans sa conception et la normalisation québécoise, cet outil m’apparaît fort utile en particulier lorsqu’il faut “challenger” un peu plus les patients. Je comprends aussi ton besoin Claudine de mieux préciser l’impact concret des déficits surtout en absence d’une ergo.

     

    J’ai longtemps utilisé de l’argent, un chèque, livret de banque et des comptes pour aider à me prononcer sur l’aptitude. J’ai cessé de faire ce type d’évaluation après l’entrée en vigueur du projet de loi 21 étant donné qu’il y a systématiquement une ergo dans mes dossiers. Pour cette même raison, j’ai fait le choix de ne pas utiliser l’EMAF dans ma pratique. Believe it or not: l’EMAF n’est pas encore utilisé chez nous… Ça fait quelques fois que j’en parle aux ergos, mais je me propose d’aller encore plus loin c’est-à-dire de les inciter à l’utiliser et les aider à justifier l’achat du test. Il faut dire que j’ai quand même une bonne collaboration afin d’éviter dédoubler les évaluations cognitives: je me dis que l’argument de me laisser le cognitif et de mettre à profit une discussion d’équipe s’applique aussi à moi pour le fonctionnel. En discutant avec certaines ergos, je me suis rendu compte que le besoin (ou la rigidité) de réaliser des tests cognitifs est de soutenir (backer en bon chinois) leurs observations fonctionnelles par du quantitatif comme si leurs observations avaient peu de valeur en soi… Mon pari est fort simple: si je les aide à mieux quantifier une partie de leur évaluation fonctionnelle, elles seront peut-être encore plus confiante d’abandonner des tests cognitifs (l’avenir me dira si j’aurai plutôt contribué à leur envahissement…). Je pense que ceci m’aidera pour l’étape suivante: les sensibiliser à ce qu’elles apprennent à rediriger plus systématiquement vers moi les éval cognitives pour orienter le diag. Pour les références d’aptitude, je n’ai pas trop de difficultés à avoir la référence…

    On se tient au courant de nos démarches!

  • Valérie Bédirian

    Membre
    13 décembre 2013 à 2 h 16 min

    Je suis dans la même situation que Claudine au travail. Je suis d’accord avec toi, Simon. S’il y avait une ergo dans mon équipe, je me ferais un plaisir de lui laisser passer l’ÉMAF. Je suis tout à fait consciente que c’est un outil fonctionnel, même si je pense que l’utilisation par un neuropsycologue est justifié dans certains contextes. On se donne des nouvelles dans quelques mois pour ma part! En passant, moi aussi, c’est une ergo (avec qui je m’entends très bien), qui est à la tête du comité sur les régimes de protections du CSSS, qui se questionne sur l’utilisation de l’ÉMAF par différents professionnels.

  • Caroline Larocque

    Membre
    13 décembre 2013 à 3 h 13 min

    Nos ergothérapeutes utilisent l’EMAF et je suis bien contente pour elles!

  • Julie Brosseau

    Membre
    13 décembre 2013 à 14 h 00 min

    Chez nous aussi l’ÉMAF est utilisé par les ergos et c’est ok pour moi étant donné que c’est un outil plus fonctionnel. Je crois qu’il est important que la question de l’aptitude soit discutée en équipe et une évaluation fonctionnelle (une vraie) est primordiale à mon avis dans ces dossiers.

  • Claudine Boulet

    Membre
    18 décembre 2013 à 15 h 49 min

    Par économie de temps, je vous fais un copier-coller de ce que j’ai transmis à ma patronne:

     

    “Compte-rendu d’une discussion téléphonique avec une représentante de l’Ordre des psychologues du Québec concernant l’application du projet de loi 21 :

     

    La « Préposée à l’information sur le projet de loi 21 » de l’Ordre des psychologues du Québec a été contactée par téléphone, le 17 décembre 2013. Une question concernant le champ d’expertise des neuropsychologues versus celui des ergothérapeutes en lien avec l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens lui a été posée. Plus précisément, l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens inclue l’habileté fonctionnelle de gestion de ses biens (manipuler de l’argent, rédiger un chèque, etc.). Étant donné que l’évaluation des habiletés fonctionnelles est un acte désormais réservé aux ergothérapeutes, dans quelle mesure est-ce que les neuropsychologues peuvent utiliser des tests standardisés pour « apprécier » cette habileté? Où se situe la limite concrète entre le travail des ergothérapeutes et celui des neuropsychologues dans l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens?

     

    La réponse à ces questions, de la « Préposée à l’information sur le projet de loi 21 » de l’Ordre des psychologues du Québec, est très claire :

    • L’évaluation des habiletés fonctionnelles est effectivement un acte réservé aux ergothérapeutes;
    • L’utilisation d’un test d’évaluation standardisé pour se prononcer sur quoi que ce soit est une action d’évaluation. Il n’est pas possible d’utiliser un test d’évaluation et de prétendre qu’il s’agit d’une appréciation. L’appréciation consiste en la prise en compte d’observations notées. Par exemple, si un patient rapporte des difficultés à rédiger des chèques, cette information peut être notée et appréciée par d’autres professionnels que les ergothérapeutes. Par contre, le fait d’utiliser un test pour évaluer la capacité de la personne à rédiger un chèque consiste en une évaluation d’une habileté fonctionnelle et est donc réservé aux ergothérapeutes;
    • Pour ce qui est de l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens, le neuropsychologue peut se prononcer sur cette aptitude dans les limites de son champ d’expertise. Concrètement, le neuropsychologue peut statuer sur le portrait cognitif de la personne et sur l’impact de ce portrait sur l’aptitude de la personne à gérer ses biens et à prendre soin de sa personne;
    • Cela étant dit, l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens est une évaluation complexe qui devrait être réalisée par une équipe multidisciplinaire. Il est donc fortement recommandé de faire des pressions auprès de nos employeurs pour que cette évaluation soit effectuée par une équipe multidisciplinaire où chaque professionnel peut apporter son point de vue en fonction de son champ d’expertise.”

     

    J’ajouterais à cela que j’ai trouvé cette réponse tout de même très rassurante. Cette réponse me dit que les ergothérapeutes ne peuvent pas non plus continuer à utiliser des tests cognitifs en prétendant qu’ils “apprécient” une fonction cognitive donnée. Il était très clair pour la préposée de l’OPQ que si un test d’évaluation est utilisé, c’est de l’évaluation point à la ligne. Ce n’est pas discutable.

     

    Ainsi, même si c’est moi qui ai fait acheter l’ÉMAF par mon CLSC, ça me convient tout de même de ne plus l’utiliser et de référer en ergothérapie lorsque nécessaire. Je pourrai ainsi me servir de cette même logique pour exiger que lorsque des tests cognitifs doivent être administrés, ces clients devraient m’être référés…

     

    Je concluerais que je suis très contente et fière de savoir que les ergothérapeutes peuvent utiliser un outil bien fait et fiable pour effectuer une partie de leur travail. Un outil bien fait et fiable parce que conçu par une neuropsychologue évidemment! ;)

    Simon Charbonneau

    Membre
    19 décembre 2013 à 3 h 58 min

    À mon humble avis, cette Préposée à l’information sur le projet de loi 21″ se trompe. 

     

    Déjà, s’il était vrai que “L’utilisation d’un test d’évaluation standardisé pour se prononcer sur quoi que ce soit est une action d’évaluation.”, ça reviendrait indirectement à réserver tous les tests d’évaluation, et ça s’appliquerait à la fois aux tests cognitifs et fonctionnels (pourquoi y aurait-il deux poids, deux mesures?). Et comme on s’est fait répéter +++ que les tests ne peuvent pas être réservés… 

     

    Je vais vérifier auprès de Pierre Desjardins et vous revenir là-dessus ASAP.

  • Caroline Larocque

    Membre
    19 décembre 2013 à 13 h 19 min

    Je partage l’opinion de @ Dans un même ordre d’idée, un neuropsychologue pourrait utiliser des “tests fonctionnels” pour se prononcer sur la cognition. Ce qui est important de respecter, c’est le travail interdisciplinaire. Je m’abstiens d’utiliser les outils des ergothérapeutes comme j’espère qu’elles s’abstiendront d’utiliser les nôtres.

  • Simon Charbonneau

    Membre
    19 décembre 2013 à 13 h 53 min

    Alors je vous confirme que la préposée en question s’est trompée. C’est un sujet complexe et nuancé. Voici ce qui en est selon Pierre Desjardins (j’ai repris le message de Claudine + un peu du mien) qui a accepté que je diffuse son opinion, sous toute réserve que la préposée a effectivement été citée correctement et que ce que tu rapportes @/index.php?/profile/38-claudine-boulet/” data-ipshover-target=”https://aqnp.ca/forum/index.php?/profile/38-claudine-boulet/&do=hovercard” data-mentionid=”38″ rel=””>@Claudine Boulet est du quasi-verbatim:

     

    • Réserve de l’évaluation des habiletés fonctionnelles aux ergothérapeutes ? RéponsePartiellement faux, c’est inscrit au champ d’exercice des ergothérapeutes et la loi 21 n’a pas pour effet de réserver les champs d’exercice SAUF lorsqu’il s’agit d’évaluer une personne atteinte d’un trouble auquel cas l’évaluation contenu dans chaque champ d’exercice est réservée aux professionnels qui oeuvrent à l’intérieur de ce champ.
    • L’utilisation d’un test d’évaluation standardisé pour se prononcer sur quoi que ce soit est une action d’évaluation? RéponseFaux, si on utilise le mot évaluation au sens de la loi 21. Bien sûr le terme évaluation peut prendre un sens générique, mais ce n’est pas à ce sens que renvoie la loi 21.Utiliser un test c’est se servir d’un outil pour réaliser une activité, celle-ci peut être : détection, dépistage, contribution, appréciation et évaluation. 
    • Il n’est pas possible d’utiliser un test d’évaluation et de prétendre qu’il s’agit d’une appréciation? RéponseFaux encore une fois.
    • L’appréciation consiste en la prise en compte d’observations notées. Par exemple, si un patient rapporte des difficultés à rédiger des chèques, cette information peut être notée et appréciée par d’autres professionnels que les ergothérapeutes. Par contre, le fait d’utiliser un test pour évaluer la capacité de la personne à rédiger un chèque consiste en une évaluation d’une habileté fonctionnelle et est donc réservé aux ergothérapeutes. RéponseMauvaise compréhension, on ne peut sans nuances conclure cela. Il faut aussi se référer à notre champs d’exercice et il nous revient d’évaluer le fonctionnement psychologique et mental… c’est assez vaste et on pourrait à mon avis y faire entrer l’évaluation de la capacité à rédiger un chèque… c’est la conclusion de l’évaluation de la capacité à rédiger un chèque qui est importante et qui, elle, peut être déterminante sur la nature de l’activité professionnelle exercée.
    • Pour ce qui est de l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens, le neuropsychologue peut se prononcer sur cette aptitude dans les limites de son champ d’expertise. Concrètement, le neuropsychologue peut statuer sur le portrait cognitif de la personne et sur l’impact de ce portrait sur l’aptitude de la personne à gérer ses biens et à prendre soin de sa personne. Réponse: Ça me semble OK. Mais Évaluer la capacité de quelqu’un de gérer ses biens n’est pas réservé à ce que je sache… ce qui est réservé c’est  “Procéder à l’évaluation psychosociale d’une personne dans le cadre des régimes de protection du majeur ou du mandat donné en prévision de l’inaptitude du mandant” et c’est réservé aux travailleurs sociaux. Le travailleur social pour ce faire a souvent besoin de l’évaluation du psychologue.
    • Cela étant dit, l’évaluation de l’aptitude à gérer ses biens est une évaluation complexe qui devrait être réalisée par une équipe multidisciplinaire. Il est donc fortement recommandé de faire des pressions auprès de nos employeurs pour que cette évaluation soit effectuée par une équipe multidisciplinaire où chaque professionnel peut apporter son point de vue en fonction de son champ d’expertise. Réponse: Bien que cela puisse être de bons conseils, l’Ordre ne s’immisce pas dans l’organisation du travail. Si le psychologue croit qu’il est nécessaire de s’appuyer sur d’autres professionnels pour le bien de ses clients, il devrait à tout le moins inscrire cela dans ses recommandations qui seront par ailleurs consignées dans son rapport. Tous les milieux ne disposent pas des ressources nécessaires à la réalisation d’un travail interdisciplinaire ou multidisciplinaire.
    • Bon nombre de neuropsychologues utilisent certains tests de ce type afin d’évaluer de manière écologique (validité externe +) les fonctions cognitives sous-jacentes à l’aptitude (surtout l’aptitude à gérer ses biens). Réponse: Et j’espère qu’ils continueront à le faire.
    • S’il était vrai que “L’utilisation d’un test d’évaluation standardisé pour se prononcer sur quoi que ce soit est une action d’évaluation” et qu’il “n’est pas possible d’utiliser un test d’évaluation et de prétendre qu’il s’agit d’une appréciation”, ça reviendrait indirectement à réserver tous les tests d’évaluation en toute circonstance (et non seulement à demander qu’ils soient proportionnels au mandat et que le professionnel soit compétent pour l’administrer et l’interpréter). Réponse: Bon exercice logique, c’est pourquoi la prémisse est fausse
    • Ça s’appliquerait à la fois aux tests cognitifs et fonctionnels (pourquoi y aurait-il deux poids deux mesures alors que nous avons tous compris qu’aucun test ne peut être réservé?) et donc ça impliquerait que les non neuropsychologues ne peuvent en aucun cas utiliser de test d’évaluation cognitive (ce qui n’est pas la position de l’OPQ). Réponse: Même commentaire et effectivement contraire à la position de l’Office… le guide explicatif est clair sur la question des tests.
    • Les tests ne peuvent pas être réservés. Réponse: Vrai.
     
    IMPORTANT: On m’assure qu’à l’OPQ, on va s’assurer que les bonnes informations soient transmises aux psychologues et que la préposée en question sera rencontrée afin de rectifier le tir. 
  • Simon Charbonneau

    Membre
    19 décembre 2013 à 14 h 13 min

    On me dit maintenant qu’il y aurait eu un malentendu, que ce n’est pas ce que la préposée voulait dire. Sont-elles rejoignables par courriel ? Pcq si c’est le cas, on gagnerait probablement à faire ça par écrit la prochaine fois. D’une part, c’est vrai que dans une longue conversation sur un sujet complexe ce n’est pas impossible que 2 personnes se comprennent mal au niveau de certains détails, mais d’autre part, si jamais ils font une erreur, ça devient impossible à démontrer s’il n’y a aucune trace de la conversation…

     

    En tout cas merci @/index.php?/profile/38-claudine-boulet/” data-ipshover-target=”https://aqnp.ca/forum/index.php?/profile/38-claudine-boulet/&do=hovercard” data-mentionid=”38″ rel=””>@Claudine Boulet de nous avoir donné l’opportunité d’en rediscuter ! Tout est bien qui finit bien  :) 

  • Simon Charbonneau

    Membre
    19 décembre 2013 à 14 h 46 min

    Vérification faite, oui, on peut communiquer par courriel avec ces préposées: infoloi21@ordrepsy.qc.ca

  • Simon Lemay

    Membre
    19 décembre 2013 à 15 h 31 min

    Merci @ pour ces vérifications. Le conseil de demander un avis écrit est vrai d’ailleurs pour toute discussion avec l’OPQ (longue ou courte). J’ai vécu aussi cette situation après avoir consulté un syndic. Peu importe le niveau de précision avec lequel vous rapportez les propos de votre interlocuteur (même verbatim), ils pourront vous dire qu’il ont été mal cité ou compris… Il demeure que lorsqu’on présente une situation complexe, il s’agit d’un exercice de jugement et d’interprétation dans les nuances de gris. Je renforce moi aussi aussi la suggestion de prendre l’habitude d’utiliser le courriel (idéalement) ou de demander un avis par écrit à la suite d’une discussion par téléphone (toutefois dans ce contexte ils pourront encore vous reprendre sur la façon d’avoir présenté la situation lors de l’appel).

  • Simon Lemay

    Membre
    19 décembre 2013 à 15 h 33 min

    Même par écrit, je dois relire plusieurs fois chacune des phrases…

  • Simon Lemay

    Membre
    19 décembre 2013 à 16 h 12 min

    Je me permets quelques rappels du guide explicatif.

    "Les champs d’exercice sont descriptifs et non réservés." (p.13)
    
    
    "évaluer une personne atteinte d’un trouble mental ou neuropsychologique attesté par un diagnostic ou par une évaluation effectuée par un professionnel habilité" doit être interprétée en fonction du champ d’exercice de chacun des six ordres professionnels désignés par la Loi. Pour chacune des professions, l’activité réservée doit se comprendre de la façon suivante pour : 
    De façon générale, les activités prévues au champ d’exercice de ces professionnels, par exemple l’évaluation du fonctionnement social, l’évaluation du fonctionnement psychologique ou mental ou encore l’évaluation des capacités adaptatives ne sont pas des activités réservées et peuvent être exercées par tout intervenant. Or, dans certaines situations, comme celle-ci où il est question d’une clientèle particulièrement vulnérable, le législateur, à la suite des recommandations du comité d’experts présidé par le Dr Jean-Bernard Trudeau, a choisi de réserver ces évaluations à ces professionnels compte tenu du risque de préjudice qu’elles comportent." (p.45).

    Donc, ce n’est pas n’importe quel intervenant qui peut évaluer la clientèle qui présente un trouble mental ou neuropsychologique. Seulement les professionnels énumérés dans cette activité réservée et chacun dans l’optique de leur champ d’exercice.

    Le partiellement faux dans la réponse de P. Desjardins (et la confusion provient ici de ce paragraphe):

    C’est pourquoi, lorsque ces personnes requièrent une évaluation qui relève du champ d’exercice d’un des professionnels ci-dessus énumérés, seul ce professionnel est habilité à procéder à cette évaluation et à communiquer les conclusions de son évaluation dont il sera imputable.

    Cette section peut laisser croire que l’évaluation des habiletés fonctionnelles est réservée à l’ergo pour les personnes atteintes d’un trouble mental ou neuropsy.
     

    Activité réservée:

    Procéder à l’évaluation psychosociale d’une personne dans le cadre des régimes de protection du majeur ou du mandat donné en prévision de l’inaptitude du mandant

    En référence au TS

    "Il recommande l’ouverture, le maintien, la modification ou la fin du régime de protection après analyse des différents avis professionnels obtenus au sujet du degré d’autonomie de la personne"
    ...
    "Le degré d’autonomie de la personne peut être évalué par différents professionnels, selon leur expertise respective. L’évaluation du fonctionnement psychologique et du fonctionnement mental réalisée par le psychologue, l’évaluation des habiletés fonctionnelles réalisée par l’ergothérapeute, et l’évaluation de la condition physique et mentale réalisée par l’infirmière sont souvent complémentaires et intégrées à la recommandation d’ouvrir ou de maintenir un régime de protection. Chacun de ces professionnels demeure imputable de l’évaluation qu’il effectue."
    
  • Claudine Boulet

    Membre
    20 décembre 2013 à 2 h 55 min

    J’aimerais mentionner que la vie va vite parfois! Mais, vous avez tout de même raison qu’il vaut mieux procéder par écrit…

     

    Cela dit, je tiens à préciser que “la préposée à l’information sur la loi 21” de l’OPQ m’a rappelée aujourd’hui. Sans accuser personne de quoi que ce soit, il a été convenu qu’il y a eu un malentendu. Et bref, elle m’a répété les mêmes informations que Simon Charbonneau a écrites précédemment.

     

    J’ose croire que je n’étais pas la seule pour qui la question n’était pas si claire. Alors merci beaucoup @ d’avoir clarifier le tout…